Tu as installé PostHog un dimanche soir, tu as passé deux heures à créer des insights, et trois semaines plus tard tu ne l'ouvres plus. Ce n'est pas un défaut de PostHog : c'est que l'outil a été construit pour une équipe produit qui pose des questions précises, et que toi, tu voulais juste savoir si ton SaaS avance.
Cet article compare honnêtement les deux approches, dit dans quels cas PostHog reste le bon choix, et explique ce que Vesk fait différemment. Si tu cherches une alternative à PostHog parce que l'outil te dépasse, tu sauras à la fin si le problème vient de l'outil ou de la question que tu lui poses.
## Ce que PostHog fait très bien
Il faut commencer par là, parce qu'un comparatif qui démolit l'autre n'apprend rien.
PostHog est un outil d'**analytics produit**. Sa question fondatrice est : *que font les gens dans mon application ?* Il capture des événements, les stocke, et te laisse les découper dans tous les sens. Autour de ça, il a agrégé des briques : replays de session, feature flags, tests A/B, enquêtes utilisateur.
C'est excellent quand :
- tu as une équipe produit, ou au moins une personne dont c'est le métier de poser des questions aux données ; - ton produit a beaucoup d'interactions internes (un éditeur, un tableau de bord, un flux à plusieurs étapes) et tu veux savoir où les gens décrochent ; - tu veux enregistrer des sessions pour comprendre un comportement bizarre ; - tu veux tester deux versions d'une fonctionnalité et mesurer laquelle gagne.
Sur ce terrain, il n'y a pas grand-chose à lui reprocher, et Vesk ne joue pas dans cette catégorie.
## Le vrai problème quand on est seul
Un outil d'analytics produit part d'un postulat : **tu sais déjà quelle question poser**. Tout y est construit pour ça — tu choisis un événement, tu appliques un filtre, tu obtiens une courbe.
Quand tu es seul à construire ton SaaS, ce postulat s'effondre. Ta question n'est pas « quel est le taux de complétion de l'étape 3 de l'onboarding entre le 12 et le 26 ». Ta question, le matin, c'est :
> Est-ce que ça avance ?
Et cette question-là n'a pas de bouton. Pour y répondre, il faut réunir trois choses qui vivent dans trois endroits différents :
1. **le trafic** — combien de gens sont venus, et d'où ; 2. **les inscriptions** — combien ont créé un compte ; 3. **l'argent** — combien paient, et combien ça fait ce mois-ci.
L'analytics produit couvre les deux premières. La troisième vit dans Stripe. Et le lien entre les trois — *sur les 400 visiteurs de la semaine, combien sont devenus des clients payants ?* — n'existe nulle part sans travail de plomberie.
C'est ce trou-là qui fait qu'on arrête d'ouvrir son outil d'analytics. Pas la complexité : l'absence de réponse à la seule question qu'on se pose vraiment.
## Ce que Vesk fait à la place
Vesk part de l'autre bout. Au lieu de te donner un atelier pour construire tes réponses, il affiche par défaut le chemin complet :
**Visiteur → Inscrit → Activé → Payant → MRR.**
Chaque marche avec son taux de passage et son taux d'abandon ([le détail du funnel](/fonctionnalites/funnel-attribution)). C'est le premier écran, il n'y a rien à configurer pour l'obtenir.
Concrètement :
- **[un script à coller](/docs/snippet)** sur ton site mesure les visites, les sources, les pages, les pays — sans cookie, donc sans bandeau de consentement ; - **[une connexion Stripe en lecture seule](/docs/stripe)** ramène ton MRR, ton revenu encaissé, tes clients actifs, ton churn ; - **[une connexion optionnelle à ta base](/docs/base-de-donnees)** compte tes inscrits réels, pas une estimation.
Les trois sources arrivent sur le même écran, et surtout : elles sont **reliées**. Le funnel n'est pas un graphique décoratif, c'est le même visiteur suivi jusqu'à son paiement, quand l'identification le permet.
### Ce que Vesk ne fait pas
Autant le dire tout de suite, ça t'évitera une déception :
- **pas de replay de session.** Tu ne verras pas la souris de tes utilisateurs bouger. - **pas de feature flags, pas de tests A/B.** Ce n'est pas un outil d'expérimentation. - **pas d'exploration libre d'événements.** Tu ne construis pas tes propres graphiques à partir de n'importe quel événement. - **pas de heatmaps de clics.**
Si l'une de ces quatre lignes est indispensable à ton travail cette semaine, garde PostHog. Ce n'est pas une comparaison de puissance, c'est une différence de métier.
## Le tableau, honnêtement
| | PostHog | Vesk | |---|---|---| | Question de départ | Que font les gens dans mon produit ? | Est-ce que mon SaaS avance ? | | Trafic du site | Oui | Oui (script sans cookie) | | Revenu / MRR | Non nativement | Oui (Stripe en lecture seule) | | Funnel visite → paiement | À construire soi-même | Affiché par défaut | | Replays de session | Oui | Non | | Tests A/B, feature flags | Oui | Non | | Exploration libre des événements | Oui, très poussée | Non | | Temps avant le premier chiffre utile | Une soirée de configuration | Le temps de coller un script | | Public visé | Équipe produit | Fondateur seul ou petite équipe |
Les prix bougent trop souvent pour figurer dans un tableau qui restera en ligne des mois : vérifie-les sur les deux sites au moment où tu lis. Le point qui compte est ailleurs — les deux outils ne répondent pas à la même question.
## Faut-il vraiment choisir ?
Non, et c'est la réponse la plus honnête que je puisse te donner.
Le script de Vesk et celui de PostHog peuvent cohabiter sur la même page. Beaucoup de fondateurs gardent l'analytics produit pour les phases de conception d'une fonctionnalité, et regardent Vesk tous les matins pour savoir où en est l'entreprise. Ce sont deux gestes différents, à deux moments différents.
La vraie question à te poser est celle-ci : **quel écran ouvres-tu en premier le matin ?** Si c'est un écran que tu dois reconstruire à chaque fois, tu ne l'ouvriras pas longtemps.
## Comment migrer, si tu migres
Si tu décides de basculer, l'ordre qui marche :
1. **Colle le script Vesk** sur ton site. Laisse-le tourner une semaine à côté de ton outil actuel — tu compareras les chiffres plutôt que de les prendre sur parole. 2. **Connecte Stripe en lecture seule.** Vesk ne peut ni encaisser, ni rembourser, ni modifier quoi que ce soit : l'accès est limité à la lecture. 3. **Regarde le funnel** au bout de sept jours. C'est le premier moment où il dit quelque chose. 4. **Ne coupe PostHog qu'après** avoir vérifié que tu n'ouvres plus que Vesk. S'il te manque un replay de session au bout d'un mois, tu auras ta réponse.
Sur l'écart entre deux outils de mesure, un mot : il est normal. Un bloqueur de publicité, un robot filtré d'un côté et pas de l'autre, une définition de session différente — deux outils ne tombent jamais exactement sur le même chiffre. Ce qui compte, c'est que chacun soit constant avec lui-même.
## En résumé
- **PostHog** répond à « que font les gens dans mon produit ». C'est un atelier, il demande qu'on sache quoi lui demander. - **Vesk** répond à « est-ce que mon SaaS avance ». C'est un tableau de bord, il affiche le chemin de la visite au MRR sans configuration. - Les deux peuvent cohabiter. Le critère de choix, c'est la question que tu poses le matin, pas le nombre de fonctionnalités.
Si tu veux le détail du branchement, il est décrit pas à pas dans [ce guide](/blog/de-la-visite-au-mrr-brancher-son-saas), et les [tarifs sont ici](/tarifs).
Vesk se branche en deux minutes, sans carte bancaire, avec un essai gratuit. Si au bout d'une semaine le funnel ne t'apprend rien, tu auras perdu deux minutes.
## Questions fréquentes
### PostHog est open source, Vesk ne l'est pas. C'est un problème ?
C'est un vrai critère si tu veux héberger ton outil toi-même, pour des raisons de conformité ou de conviction. PostHog le permet, Vesk non. En revanche, s'auto-héberger a un coût qu'on sous-estime : une base qui grossit vite, des mises à jour à suivre, une supervision à assurer. Beaucoup de fondateurs commencent auto-hébergés et finissent sur la version gérée au bout de six mois.
### Est-ce que je peux garder mon historique en changeant d'outil ?
Le trafic, non : il a été mesuré par l'autre outil, il reste chez lui. Tu peux l'exporter pour archive, mais il ne se réinjecte pas.
Le revenu, oui, et c'est la bonne nouvelle : il vit dans Stripe, pas dans l'outil de mesure. Dès la connexion, tout ton historique de paiements remonte. Tu as donc une courbe de MRR complète le premier jour, et une courbe de trafic qui démarre le jour où tu colles le script.
### Combien de temps avant que les chiffres soient exploitables ?
Le revenu : immédiatement. Le trafic : compte une semaine avant d'en tirer une conclusion, parce qu'un SaaS a presque toujours un rythme hebdomadaire (le lundi ne ressemble pas au dimanche). Le funnel complet : deux à quatre semaines, le temps qu'assez de personnes aient parcouru tout le chemin.
### Est-ce que le script ralentit mon site ?
Il est chargé de façon asynchrone et ne bloque jamais l'affichage. En pratique, l'effet sur le temps de chargement perçu est nul. Le point à surveiller n'est pas le poids du script mais le nombre de scripts tiers empilés sur la même page — c'est leur addition qui pèse, rarement l'un d'entre eux.
### Que se passe-t-il si mes visiteurs utilisent un bloqueur de publicité ?
Une partie des visites n'est pas mesurée, chez Vesk comme chez PostHog, Plausible ou Google Analytics. Selon ton audience, la perte va de quelques pour cent à un tiers pour un public très technique. Aucun outil honnête ne prétend le contraire. La conséquence pratique : lis tes chiffres comme des planchers et regarde surtout leurs variations, pas leur valeur absolue.
### Vesk convient-il si j'ai plusieurs SaaS ?
Oui, c'est même un de ses partis pris : plusieurs SaaS sur un compte, avec une vue « tous mes SaaS » qui cumule et compare. La facturation se fait au volume de visites du compte, pas par SaaS — donc lancer un deuxième produit ne double pas ton abonnement.